Jean-François Dumais*, gestionnaire des stratégies de placement au cabinet de services financiers Bâtirente, partage avec vous les résultats de nos fonds et ses commentaires sur l’économie et les marchés financiers. Cette édition fait le point sur la situation au premier trimestre de 2026 et traite des répercussions potentielles de la guerre en Iran.
L’économie en 2026
Inflation
Au 28 février 2026, le taux d’inflation au Canada s’élevait à 1,8 %. Ce taux se situait sous la cible de 2 %, après avoir atteint un sommet de 8,1 % durant l’été 2022. Aux États-Unis, le taux d’inflation était de 2,4 % à la même date. Soulignons que l’inflation pourrait augmenter sensiblement en raison des conséquences du conflit en Iran.
Taux directeurs
Depuis la fin de 2024, la Banque du Canada a réduit quatre fois son taux directeur de 0,25 %, le faisant passer de 3,25 % à 2,25 %. En raison des affrontements en Iran, le marché anticipe désormais des hausses du taux directeur.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a abaissé son taux directeur de 0,25 % à trois reprises, le réduisant de 4,50 % à 3,75 %. Bien que des diminutions supplémentaires aient été envisagées pour 2026, cette perspective n’est plus d’actualité compte tenu des risques potentiels liés à l’inflation induits par la guerre en Iran.
Récession en vue?
La croissance économique ralentit au Canada, alors que son produit intérieur brut (PIB) enregistre une hausse de 0,6 % sur un an. Une croissance faible est à prévoir en 2026, en raison d’un marché de l’emploi sous pression et des répercussions du conflit en Iran.
À l’instar du Canada, la croissance économique américaine perd également de la vitesse, avec un PIB en hausse de 0,7 % sur un an. Une croissance modeste est attendue en 2026, conséquence de la guerre en Iran.
Si ce conflit se poursuit pendant plusieurs mois, les économies pourraient connaître une période de stagflation, caractérisée par une stagnation économique combinée à une inflation persistante.
Les marchés au 1er trimestre de 2026
Actions
La guerre en Iran a provoqué une forte volatilité sur les marchés. Les actions ont enregistré une hausse marquée jusqu’à la fin de février, suivie d’une baisse considérable en mars.
L’indice des actions mondiales MSCI Monde tous pays a obtenu un rendement de -1,5 % en dollars canadiens, principalement en raison de la diminution de 12,0 % de la valeur des titres des « Sept Magnifiques ». Les titres provenant de pays développés (MSCI EAEO), comme ceux d’Europe et d’Asie, ont affiché une performance de 0,5 %, alors que les marchés émergents ont généré un rendement de 1,6 %, le tout en dollars canadiens.
Par ailleurs, le principal indice canadien (S&P/TSX) s’est distingué avec un rendement de 4,0 %, en grande partie attribuable à la forte progression des titres des secteurs de l’or et de l’argent (11,0 %) ainsi que de l’énergie (42,1 %).
Obligations
Les taux d’intérêt des obligations ont connu une hausse, surtout en raison des inquiétudes concernant une possible augmentation de l’inflation causée par le conflit en Iran. De ce fait, l’indice obligataire universel FTSE Canada a affiché un rendement légèrement positif de 0,1 %.
Performance des Fonds Bâtirente au premier trimestre de 2026
Fonds diversifiés Bâtirente : entre 0,3 % et -0,8 % (du moins risqué au plus risqué)
Trésorerie Multi : 0,5 %
Obligations Multi : 0,4 %
Actions mondiales Multi : -1,4 %
Actions canadiennes Multi : 6,4 %
Actions mondiales à faible capitalisation Multi : -5,1 %
Perspectives pour les marchés en 2026
Les États-Unis pourraient jouer un rôle déterminant sur les marchés au cours des prochains trimestres de 2026. L’administration de Donald Trump pourrait être à l’origine d’une volatilité accrue.
Parmi les risques à prendre en compte :
- La guerre en Iran pourrait entraîner une reprise de l’inflation et une croissance économique faible, caractéristique de la stagflation. Divers facteurs géopolitiques continuent de soulever des préoccupations, notamment la situation au Venezuela et le conflit en Ukraine;
- Après trois années de solides performances, les marchés boursiers présentent des évaluations élevées;
- Les élections de mi-mandat aux États-Unis se profilent à l’horizon; historiquement, cette période s’accompagne de rendements boursiers plus faibles;
- L’imposition de nouveaux droits de douane demeure une éventualité.
Si le conflit en Iran se résolvait rapidement, le risque de stagflation pourrait être écarté. Dans un tel scénario, la plupart des classes d’actifs devraient progresser, à l’exception du pétrole, dont le prix pourrait chuter fortement.
Dans le contexte actuel des marchés, il est essentiel d’adopter une stratégie de diversification de portefeuille, comme celle proposée par les Fonds Bâtirente.
Sources : Bloomberg et Desjardins Sécurité financière
*Jean-François Dumais est gestionnaire des stratégies de placement chez Bâtirente depuis 2019. Titulaire d’une maîtrise en administration des affaires, option Finances, il possède plus de 20 ans d’expérience des marchés financiers.